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    Par Duncan Miriri

    NAIROBI (Reuters) - Les parties impliquées dans la crise kényane ont approuvé vendredi un cadre de discussions en quatre points pour mettre fin en quinze jours aux violences politiques, a annoncé l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, qui dirige les efforts de médiation à Nairobi.

     

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    Les deux camps sont en conflit depuis la réélection, le 27 décembre, du président Mwai Kibaki, contestée par le candidat de l'opposition, Raila Odinga, qui dénonce des fraudes électorales.

    Ils ne se sont mis d'accord que sur le schéma des discussions à venir mais ils ont dit avoir bon espoir de progresser rapidement.

    Annan a précisé qu'ils discuteraient de l'arrêt des violences ethniques, des moyens de fournir une aide humanitaire aux personnes affectées et du règlement dans l'immédiat de la crise politique, avant de rechercher une solution à long terme, qui devrait être trouvée dans un délai d'un an.

    Il faut en premier "agir immédiatement pour arrêter les violences", a dit Annan.

    "Mais, plus important encore, les parties sont convenues que les trois premiers points pourraient être abordés et réglés dans un délai de sept à quinze jours".

    Les discussions doivent reprendre lundi. Un responsable de l'opposition, Musalia Mudavadi, a déclaré que les deux parties étaient convenues d'exhorter leurs partisans à mettre fin aux violences qui ont entraîné les ethnies rivales dans un cycle de représailles.

    "Nous (...) nous sommes mis d'accord sur les points de l'ordre du jour (...) Nous avons réalisé de nets progrès sur le premier point (...) Nous exhortons la population à démanteler toute milice illégale", a-t-il dit.

    POURSUITE DES VIOLENCES

    La ministre kényane de la Justice, Martha Karua, s'est jointe à cet appel, ajoutant que des mesures seraient prises pour protéger les vies et les biens.

    L'annonce de l'accord a suivi de peu l'arrivée au Kenya du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, venu soutenir les efforts de son prédécesseur.

    Ban a rencontré les équipes de négociateurs de Kibaki et d'Odinga et il a lancé un appel à l'arrêt des tueries.

    Mais au même moment, les violences se poursuivaient en plusieurs endroits de l'ouest du Kenya.

    "J'ai vu une vingtaine de maisons et de commerces incendiés et deux policiers blessés par des flèches, l'un à la jambe, l'autre à l'épaule", a rapporté, sous le sceau de l'anonymat, un journaliste kényan s'étant rendu sur place. "Au moins dix personnes ont été tuées des deux côtés", a-t-il ajouté.

    Les chefs d'Etat africains réunis en Ethiopie réclament une résolution rapide du conflit. Ban, qui assistait la veille au sommet de l'Union africaine, s'est rendu au Kenya pour une visite d'une journée.

    "Vous avez déjà trop perdu, en termes d'image nationale, d'intérêts économiques. Vous avez perdu de nombreux touristes. C'est malheureux pour un pays qui jouissait de la liberté et de la stabilité", a lancé Ban à ses interlocuteurs.

    Le président Kibaki a cependant pris le risque d'attiser les tensions en attribuant à l'opposition la responsabilité des violences.

    KIBAKI MET EN CAUSE L'OPPOSITION

    Kibaki, qui s'exprimait en marge du sommet de l'UA lors d'une réunion de l'Autorité intergouvernementale de développement (IGAD), qui regroupe six pays d'Afrique de l'Est, a accusé l'opposition d'être à l'origine des violences politico-ethniques.

    "Malheureusement, alors que les résultats de l'élection reflétaient la volonté de la majorité des Kényans, les dirigeants de l'opposition ont provoqué des émeutes qui ont causé plus de 800 morts", a-t-il affirmé.

    Kibaki a également incité Odinga à contester l'issue du scrutin devant les tribunaux. "La règle admise est qu'il convient de recourir aux systèmes prévus par la Constitution", a-t-il estimé.

    Mais le chef de l'opposition assure qu'il ne bénéficierait pas d'un traitement équitable auprès de la justice de son pays, qu'il accuse d'être favorable au président.

    Odinga accuse Kibaki d'avoir manipulé le résultat du scrutin. Selon les observateurs internationaux, le dépouillement des votes s'est déroulé d'une façon si chaotique qu'ils s'avouent impuissants à désigner un vainqueur.

    Son parti, le Mouvement démocratique orange (ODM), a néanmoins déposé des recours devant les tribunaux à propos des élections législatives, qui se tenaient le même jour que la présidentielle.

    Les Etats-Unis et plusieurs pays européens ont fait part de leur soutien à la médiation Annan et des donateurs ont annoncé l'étude de programmes d'aide pour le Kenya.

    Une nouvelle vague de violences, qui selon des témoins a fait au moins deux morts, a été déclenchée jeudi par la mort d'un député d'opposition, abattu à Eldoret par un agent de police. Ce dernier a été traduit en justice vendredi.

    Au total, deux parlementaires de l'ODM ont été tués cette semaine, et l'opposition a dénoncé des "assassinats politiques". La police a de son côté fait savoir qu'elle considérait ces événements respectivement comme un "meurtre" et un "crime passionnel".

    Avec Andrew Cawthorne, Bryson Hull et Tim Cocks à Nairobi et David Lewis à Eldoret, version française Gregory Schwartz et Nicole Dupont


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